On me dit qu’être africain, cela veut dire venir du continent africain et que cela veut tout sinon beau dire et ma réponse est de dire que nous sommes donc tous africains puisque beaucoup laissent penser que la première femme est née et morte sur le continent.
Le contexte africanité me pose un problème parce qu'il est artificiel, creux, cruel et surtout fermée puisqu'il semble être un mélange salasse des concepts de la sacralité du sang et de la terre. La question qui suit logiquement est peut-on devenir africain ou tous les africains sont-ils noirs ? Les mêmes qui crient contre le racisme ailleurs et qui demande aux autres (ceux qu'ils appellent 'les blancs' pour faire le choix de ne pas leur ressembler) de les accepter chez eux appellent le continent africain le continent noir et n'aiment pas avoir des 'étrangers' chez eux. Que doit-on penser de l'africanité en entendant des Ivoiriens dire qu'un Mossi ne dirigera jamais leur pays alors qu'ils sont fiers de dire qu'Obama est des leurs et est président de la première puissance mondiale? Qui est plus intolérant et plus raciste que qui?
En somme, l'africanité n'est pas un concept qui rassemble mais qui divise, exclue et surtout châtie l'individu chaque fois qu'il dit 'non, je ne suis pas d'accord parce que ma conscience et ma pensée me conduisent vers autres choses.' Ce n'est pas un concept qui fait la force des pays africains mais qui au contraire les empêchent d'avancer en pensant qu'ils ont une culture, un machin différent qui veut dire qu'ils ne doivent pas suivre les bons exemples mais doivent tout simplement s’entêter motivés par ce que le Grand Achille Mbembé appelle avec raison, la passion de l'ignorance. Après tout, ne faut-il pas être sot ou imbécilement aveugle pour croire qu'un Camerounais, un Sénégalais, un Ivoirien sont encore des chimpanzés (je crois en la théorie de Darwin), particuliers puisque son continent l'a fait, qu'il ne s'est pas choisi, ne s'est pas fait et qu'en dehors de 'l'afrique' il est dans un zoo. N'est-ce pas raciste et surtout méprisant de croire cela puisqu'encore une fois, l'affirmation est faite,, comme Henri Guaino le faisait dire à Dakar à Sarkozy, que 'l'homme africain' n'est pas comme les autres puisqu'il est l' 'afrique ?' J'affirme au contraire qu'un Camerounais, un Sénégalais, et un Ivoirien valent plus que cela parce qu'ils sont des individus comme les autres et qu'ils ne sont pas leur continent mais les choix qu'ils font et les actes qu'ils posent.
L'Empreinte des Choses Brisées est un roman qui raconte une histoire qui parle de toutes ces choses en posant cette question: si on est sa terre, son pays, son continent, si on se choisit, si on s'interdit de faire parce qu'on croit qu'on trahit ce qu'on appelle avec une fierté idiote ses racisnes, vivons-nous vraiment ou suivons nous tout simplement comme des moutons l'empreinte des choses brisées motivés par la terreur de nous-mêmes?